Maroussia, celle qui sauva la forêt

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Cet album est illustré par Daniel Egnéus et édité par Little Urban.

Il sort le 8 octobre 2021.

À lire de 4 à 99 ans.

C’est un retour à la Russie à travers l’invention d’un conte. Le récit s’inspire de la culture russe traditionnelle et met en scène des personnages de la mythologie slave, mais il s’autorise quelques incursions dans la grande Histoire.

Maroussia habite avec sa grand-mère à l’orée d’un bois où vivent des créatures magiques.
Sa grand-mère les connaît bien. Maroussia, elle, ne les a jamais vues. Un jour, des soldats frappent à leur porte et leur ordonnent de quitter leur maison au plus vite. Une ligne de chemin de fer va traverser la plaine, passer par leur village, et détruire la forêt. Mais Maroussia ne baissera pas les bras devant leurs épées menaçantes et leurs uniformes pleins d’autorité. D’autant que les esprits de la forêt sont là pour l’aider…

Splendeurs d’illustrations, véritable voyage :

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Capture d’écran 2021-08-27 à 12.20.12UN VOYAGE DANS L’ICONOLOGIE DU CONTE RUSSE, DANS LA MYTHOLOGIE SLAVE, DANS L’IMAGINAIRE ENFANTIN, DANS LE MONDE DE DANIEL EGNÉUS…

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INTERVIEW POUR LA GAZETTE DE LITTLE URBAN

Qui est Maroussia ?

Maroussia est une fille d’une dizaine d’années qui habite avec sa grand-mère en Russie, dans un village à l’orée d’un bois. Elle aime beaucoup sa vie, rythmée par les saisons et les offrandes aux dieux de la forêt.
Elle admire beaucoup la capacité de sa grand-mère à communiquer avec les esprits de la nature. Elle-même a d’ailleurs fort à faire avec le monstre qui habite sous son lit, le Bouka.
Elle est dégourdie et déterminée. Avec l’aide des créatures magiques qui l’entourent, rien ne lui fait peur : ni les soldats de l’Empereur de Russie, ni le Loup tout puissant…

Pourquoi avoir choisi de créer un conte plutôt que d’en adapter un ?

J’ai déjà adapté un mythe de la Russie ancienne, celui de Gromislav, le géant qui couve la Terre.
J’avais envie d’être totalement libre dans ma narration, d’imaginer ce personnage féminin ancré dans la tradition du conte russe traditionnel et moderne à sa manière.
J’avais également envie d’injecter dans mon conte des éléments réalistes de l’Histoire russe – comme la création du trans-sibérien, à la fin du 19ème siècle. À partir  de là, ce n’est plus un véritable conte, puisque les événements sont datables, et ne se situent pas dans une temporalité abstraite.
En ce sens, ce récit s’inscrit dans la lignée des récits historiques et fantastiques comme j’en ai déjà écrits. Mais dans Maroussia, la dimension de conte fantastique a plus d’importance que le contexte historique.

Faut-il percevoir des influences ou des références en particulier ?

Les figures de la grand-mère, de la petite-fille et du loup sont des archétypes du conte russe. Le décor de la forêt l’est également.
Par ailleurs, je n’invente pas les éléments fantastiques, ils sont directement issus de la culture russe – celle des mythes,du folklore et des croyances anciennes.

Quel est le message de Maroussia ?

J’espère que les lecteurs.trices auront la liberté de trouver plusieurs messages dans ce conte, que cette histoire aura des échos  inattendus par rapport aux différentes  idées que j’ai insufflées au départ. C’est l’idée de planter une graine et de ne pas forcément savoir quelle plante jaillira du sol.
Si cette histoire est réussie, elle peut résonner en chacun.e de manière imprévue, en fonction de sa sensibilité, de ses croyances, de ses besoins, de son humeur…

C’est d’autant plus vrai que j’ai écrit ce conte de façon à ce qu’il puisse être lu à deux niveaux : on est libre de croire aux esprits de la forêt et de penser qu’ils aident Maroussia à vaincre le loup. Ou de ne pas croire aux créatures magiques et de comprendre que sa foi et son imaginaire lui donnent la force de combattre.
Ce conte ne donne pas de réponse explicite sur l’existence ou non des forces surnaturelles de la forêt. L’idée, c’est peut-être d’accepter l’idée qu’elles existent, parce que les villageois croient en elles.
Par ailleurs, ces êtres magiques – protecteurs de la forêt – symbolisent aussi la préciosité des arbres et le respect que l’on doit à la nature.
Les personnages prennent soin de leur forêt, lui donnent des offrandes, sont reconnaissants envers chacun des arbres et des animaux ; ils font attention à la nature qui les environne.
Il me semble que la dimension magique du conte est une manière plus légère de faire passer ce message.  
Bref. J’aime l’idée que c’est au lecteur de choisir : croire et/ou ne pas croire aux esprits de la forêt, accepter et/ou ne pas accepter la magie, rester au premier niveau de l’histoire et/ou ressentir la dimension symbolique du récit…
Tout est possible !

À qui s’adresse cet ouvrage en priorité ?

Il s’adresse aux enfants de 6 à 98 ans, l’âge de la babouchka. Mais on a le droit de le lire à 100 ans aussi. C’est autorisé.

Le lecteur est plongé dans un récit entre tradition et modernité ; en quoi est-il pourtant résolument actuel ?

Il est actuel dans le sens qu’il rappelle l’importance de faire attention à ce que l’on détruit avant de construire. Il rappelle le nombre de fois où les hommes ont abimé leur planète, saccagé des paysages, brisé des écosystèmes  pour créer des éléments modernes. Et si à un moment donné, ces nouveautés technologiques ont pu améliorer la vie des hommes, comme leur permettre de voyager plus facilement (le transsibérien), nous savons aujourd’hui que nous ne pouvons pas continuer à agir de cette façon.

Quelles émotions à la réception des premières illustrations de Daniel Egnéus ?

J’avais expliqué à mon éditrice que l’illustrateur devait jouer sur cette idée de personnages qui « existent ou pas », qui peuvent surgir d’un paysage si on regarde dans un sens, se fondre dans le décor si on regarde autrement.
Je tenais à ce que les illustrations traduisent cette ambivalence de la vision et qu’elles expriment la fusion entre la nature, les êtres magiques, les villageois, les animaux…
C’était aussi important d’être fidèle à l’iconologie russe des contes qui est magnifique.

Quand j’ai reçu les premiers dessins de Daniel, j’a été émerveillée, très émue, heureuse. Plus que ça ne m’était encore jamais arrivé en recevant des illustrations. Chacun de ses dessins s’apparentait pour moi  à une oeuvre d’art à part entière, j’avais à chaque fois envie de l’imprimer et d’en accrocher une reproduction chez moi.
Il a intégré l’iconologie du conte russe jusque dans les moindres détails tout en faisant un travail extrêmement personnel.
Son style, sa manière de créer, sont parfaitement adaptées à l’esprit de ce récit.
Il a su totalement jouer sur l’idée de disparition et de surgissement des figures fantastiques. Il offre une vision multiple aux lecteurs, qui sont libres de voir ou de ne pas voir, de découvrir différemment un même paysage en fonction des jours.